Championnat du monde WBO des super-moyens : en coulisses avec Mehdi Bouadla challengeur battu

Publié le 17 Décembre 2012

La marche était trop haute. Mehdi Bouadla et tout son entourage étaient les premiers à l’avouer. Samedi soir, sur le ring de l’Arena de Nuremberg (7000 spectateurs), l’Aulnaysien a vendu chèrement sa peau face au détenteur de la ceinture WBO des super-moyens. Mais l’Allemand Arthur Abraham a fait parler sa puissance pour déjouer les plans tactiques du Francilien.  Coupé au coin de l’œil droit au 7e round, Bouadla était logiquement stoppé par l’arbitre dans la reprise suivante. Son rêve s’envolait. Nous avons vécu à ses côtés la soirée de cette journée qui restera malgré tout inoubliable pour lui.

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En route pour le rêve
Un minibus quitte l’hôtel Maximillian à 19 heures pour mener le team français vers son destin. Dans le véhicule, seul le promoteur Bernard Roos rompt, par quelques phrases, une tension palpable. Chaudement vêtu, Bouadla (30 ans) reste muet, déjà plongé dans son combat. Après quinze minutes, l’Arena, voisine du stade de 
football de Nuremberg, se dresse droit devant. Les Aulnaysiens intègrent l’un des vestiaires spacieux des Ice Tigers, l’équipe de hockey sur glace. L’affrontement est programmé dans plus de quatre heures. Le challengeur s’allonge sur un banc, imité par son entraîneur, Nasser Lalaoui. Halim Chelabi, l’ami d’enfance, déclenche des sourires à coup d’anecdotes. Mehdi Lafifi, le manageur du club, règle les derniers détails avec l’organisation et le fidèle Abdoulaye Traoré, qui s’est démené pour trouver des sponsors (Adidas et Wicked One), est aux petits soins. Dans la pièce, l’événement semble lourd à porter.

Des gants qui inquiètent
Nasser Lalaoui s’applique pour faire les bandages de son boxeur sous le regard de Marcel Denis, l’autre professeur du CSLA. Depuis la veille et la pesée, le clan français est inquiet par la taille des gants. Ces 10 onces (283 g) en paraissent beaucoup moins. « Ils sont très denses et favoriseront la frappe d’Abraham », craint Lalaoui. Faut-il y voir un coup fourré des organisateurs? L’échauffement commence quarante-cinq minutes avant la montée sur le ring. Les coachs donnent les dernières consignes et rappellent la tactique à suivre. Bouadla enregistre, le visage impassible. Le « cutman » (soigneur) allemand Enno Werle prépare sa trousse de secours. Malgré son expérience, il n’aurait pu soigner la coupure subie par Bouadla.

Plongée dans l’arène
L’écran télé installé dans le vestiaire lance la présentation du combat. Tout va très vite maintenant et chacun ne doit rien oublier de son rôle. Les encouragements fusent, Bouadla frappe ses gants et serre les dents. La porte s’ouvre, il faut y aller. Comme à son habitude, le papa de la petite Lalia (3 ans et demi) se présente seul face au public. Des sifflets s’élèvent. Il monte en foulées rapides sur le ring et salue, le poing levé. Abraham franchit les cordes à son tour après de longues minutes et une prestation live d’un groupe allemand. Les hymnes, interprétés par un quatuor à cordes, résonnent. Les yeux de Bouadla s’embrument. Le combat peut débuter.

Hôpital et nuit blanche
La décision tombée, la blessure à l’œil a nécessité un détour par l’hôpital. De petits pansements ont suffi à colmater l’entaille. De retour à l’hôtel, la nuit s’annonce longue pour le challengeur battu. Souffrant de maux de 
tête, il n’a trouvé le sommeil que vers 6 heures. Ne fermant les yeux qu’une heure et demie : « Après le petit déj, j’ai pu me recoucher deux bonnes heures. » Un repas vite avalé et c’est le départ pour l’aéroport. Des blagues fusent, l’atmosphère est détendue. Bouadla glisse quelques achats dans son sac. Les derniers souvenirs de son séjour en Bavière…

 

Source : Le Parisien

 

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Soyons sport.

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