Calme ta life !

Publié le 19 Novembre 2010

Pendant la semaine nous avons tous plus ou moins le nez dans le guidon ou la tête dans le sac, au choix. Alors comme c'est bientôt le week-end je relaie ici un petit article qui incite à prendre le temps de profiter du temps... Après le temps perdu, le temps retrouvé...

Contre l'emballement de nos vies, il est urgent de décélérer, rétropédaler, retrouver la vitesse du pas...

logoTGVLe déjeuner s'expédie aujourd'hui en 38 minutes contre 65 il y a trente ans. Nos conversations téléphoniques duraient alors 7 minutes, elles en prennent maintenant moins de 2. On parle en bouffant ses mots et l'écriture SMS écourte la durée d'émission des messages. Sur Facebook, poster des courriers longs et bourrés de sens désigne un ahuri que Twitter redresse en limitant son texte à 140 signes. Sur nos ordis, on utilise les raccourcis clavier, façon de gagner encore du temps.

Et tout à l'avenant... Le speed dating est lui aussi limité à 7 minutes chrono, après on s'ennuie, c'est bien connu ; 7 minutes toujours, c'est le temps moyen que dure le câlin d'un couple français, en deçà les sexologues disent qu'il y a problème. A part ça, on achète des surgelés en deux temps trois mouvements et jusqu'à pas d'heure. Qu'on décongèle en quelques minutes. Dans les hyper, il y a une file paiement rapide quand on a moins de deux achats. Et c'est tant mieux car le parking est limité à vingt minutes.

Vous n'avez pas vous aussi le sentiment que le temps raccourcit ? En vrai, il est comme il est, le temps, il ne bouge pas. C'est nous qui nous agitons de plus en plus. Paul Morand a montré de quelle manière "l'homme pressé", comme s'il était grillé par la coke, ratait sa vie à vouloir tout hâter, tandis que son contemporain Proust préconisait de cultiver un délicieux ennui dans un temps suspendu.

Suivant les conseils de ce dernier, il parait urgent de calmer le jeu et de retrouver la vitesse du pas. Bref, glandouiller...

Source : pascal.dupont@inrocks.com Les inrockuptibles du 10.11.2010

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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Stéphane Fleury 19/11/2010 16:20


Glandouiller est peut-être mal formulé en effet tu as raison. En même temps je ne suis pas l'auteur de ce texte qui, à mon humble avis, aurait mérité d'être un peu plus travaillé sans doute. Mais
j'imagine que vu le thème abordé il fallait un côté relax dans le style pour coller au sujet. Il n'en reste pas moins pertinent comme tu l'as remarqué à juste titre...

Personnellement j'aurais peut-être terminé par bref, rêver... C'est à dire se délester des contraintes quotidiennes, faire tomber le masque, et être soi tout simplement... Laisser l'esprit
vagabonder en terres inconnues pour être heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage...

La question qui me taraude parfois c'est ce côté il y a toujours un petit quelque chose à faire, il faut constamment occuper l'espace temps d'une manière ou d'une autre... Il m'arrive par exemple
parfois de voir courir des enfants le samedi jonglant entre un match de foot et un cours de musique à la suite... Est-ce une course contre le temps ? Où y'a-t-il encore la place pour le plaisir ?
Je me pose la question...

Ainsi, ne rien faire, s'abandonner, baisser la garde me parait vital et nécessaire de temps à autre...

Bon je file... J'ai un petit quelque chose à faire !

Amicalement

Stéphane


Xavier 19/11/2010 15:08


Je suis heureux que tu te fasses l'écho de cet article. Il parle d'or. Et donc tu parles d'or.

Mais glandouiller n'est pas le mot qui convient. Parce que glandouiller est une forme de paresse un peu facile, diffuse et sans colonne vertébrale. D'ailleurs même F.Amarra a stigmatisé la
glandouille et avec juste raison, car c'est un temps un peu vide et vain.

Je préfère nettement les mots méditer ou jouir des plaisirs simples de la vie ou admirer un paysage ou humer le temps qui passe . La vie aussi de ceux que P.Sansot nommait "Les gens de peu". Ces
petits riens qui sont la joie d'un regard, la franche camaraderie, l'entraide, la reconnaissance réciproque, la gratitude. Bref tout ce qui fait le sel de la vie.

Tout à l'opposé du repli sur soi, ou de la lutte des places ou de l'incivilité stupide ou de la grossièreté imbécile.

Tout à l'opposé d'un monde de concurrence généralisée, de folie des grandeurs, de bétonnage à outrance, de cauchemar des transports, de plats tout préparés, de pensées de l'ordre du prêt à penser
mâché (comme le papier en carton pâte), pré-emballé et ressorti par les media quels qu'ils soient. Ce que l'on appelle les idées reçues, l'air du temps, l'esprit moutonnier d'autant plus vif qu'il
ne sait pas où il va.

Je pourrais en dire beaucoup plus, mais il faut savoir faire une pause.

Bien à toi.

Xavier.