Avec la 4G la guerre des télécoms est déclarée !

Publié le 22 Décembre 2013

4G.JPGL’arrivée de la 4G a mis le feu aux poudres. Depuis plusieurs jours, les patrons des opérateurs multiplient les invectives par médias interposés. Une effervescence qui a peu à voir avec la loi classique du marché. Et la baisse de prix actuelle pourrait n’être qu’éphémère avec, à terme, la disparition d’un des quatre opérateurs.   Ouvertes en 2011, lorsque Free a débarqué dans le mobile, avec des facilités qui ont fait des jaloux, les hostilités ont carrément tourné à la guerre fratricide depuis que Xavier Niel a décidé, le 3 décembre, d’intégrer gratuitement la 4G dans ses deux forfaits.

« Le problème, c’est que l’offre 4G de Free, c’est du vent », a aussitôt réagi le patron d’Orange, Stéphane Richard, qui dénonce le 4 décembre sur RTL un « coup de com » puisque son rival n’a pas de couverture. « Il faut arrêter de prendre les gens pour des andouilles. » Malgré tout, l’annonce de Free a déstabilisé les trois opérateurs historiques qui comptaient retrouver de la marge avec la 4G facturée entre 10 et 12 € de plus que la 3G. Le patron de Free ne cesse dans la presse de jeter de l’huile sur le feu.

Mais sa dernière interview dans le « JDD » lui a coûté cher : l’action du groupe Iliad, propriétaire de Free, a dévissé vendredi de 10,37%, faisant perdre en une séance près de 1 Md€ à sa holding. Car, à trop provoquer, Xavier Niel s’est attiré l’ire, entre autres, de Martin Bouygues, qualifié dans « le Journal du dimanche » d’« héritier ». Déjà condamné en février à verser 25 M€ à Bouygues pour dénigrement, Niel pourrait faire l’objet d’une nouvelle plainte. Furieux, Martin Bouygues a en tout cas riposté en déclarant dans « le Figaro » « une guerre » en 2014 sur le front de l’Internet fixe, « la boîte à cash » de Free… D’où la baisse spectaculaire du groupe Iliad en Bourse.

Les deux hommes se détestent. L’an dernier, Niel n’avait pas hésité à envoyer des camions publicitaires sous les fenêtres de Bouygues avec une photo du château de Moulinsart, cher à Tintin, rebaptisé château Martin, ornés de ce slogan : « Porte ouverte aux Romanichels. » Dans la foulée, Xavier Niel ne cachait plus son intention de racheter Bouygues. « Plutôt crever », a répondu le roi du BTP.

Cette stratégie de la provocation a sans doute dépassé les espérances de Niel, devenu la dixième fortune de France. Défenseur de Free en 2012, Arnaud Montebourg est aujourd’hui vent debout contre sa stratégie jugée tueuse d’emplois. Même Pierre Gattaz, patron du Medef, est monté sur le ring, appelant les opérateurs à la prudence dans la bataille des prix, pour éviter « du chômage supplémentaire ».

Si Xavier Niel refait le coup de la provoc, c’est que son projet commence peut-être à montrer ses failles. D’abord, Free, hostile au subventionnement des mobiles, est confronté à un dilemme avec l’arrivée de la 4G qui nécessite, pour le client, l’achat d’un nouveau smartphone compatible.

Ensuite, Free n’a plus qu’un an pour construire son réseau 3G et atteindre son engagement : couvrir 75% de la population au 1er janvier 2015. En 2013, il n’a déployé que 2450 antennes. Et il lui reste un an pour installer encore de 8 000 à 10000 antennes. Or, l’avantage pris par les concurrents sur la 4G pourrait bien lui être fatal. Il lui faut donc à tout prix exister. En favorisant l’arrivée d’un quatrième opérateur dans la téléphonie mobile, le gouvernement Fillon espérait une guerre des prix. Il n’imaginait sans doute pas que sa décision déboucherait sur une guerre totale. L’histoire dira si le consommateur en profitera.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Technologies

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Commenter cet article

robert 22/12/2013 17:35

Dans certains quartiers d'aulnay avant de parler de la 4G il faudrait plutôt parler de haut débit car c'est vraiment lamentable et personne ne veut faire se qu'il faut pour augmenter cette
vitesse
Mais je peux espérer qu'un dignitaire d'aulnay achète un pavillon dans ma rue et là plus de problème de débit