Aulnay-sous-Bois, urbanisme : le front associatif totalement démantelé aujourd’hui ?

Publié le 2 Octobre 2012

ManifChacun sait que la mémoire humaine est parfois volatile mais peut-être que certains se souviennent encore qu’un samedi 5  juin de l’année 2010 les murs de l’Hôtel de Ville d’Aulnay-sous-Bois avaient tremblé au son de « Ségura démission ! ». A l’époque, une sorte de front associatif totalement inédit avait pris forme à l’échelle de la commune autour des questions d’urbanisme.

 

L’idée n’était pas tant de s’opposer systématiquement à tout processus de construction, comme parfois résumé de façon simpliste, caricaturale et arbitraire par les élus au pouvoir, mais plutôt d’instaurer un processus de concertation qui permettrait de faire évoluer le tissu urbain tout en préservant une certaine qualité de vie.

 

En ce temps-là l’impression généralement ressentie au sein de la population était que les projets immobiliers s’élaboraient dans le plus grand secret sous l’égide de nos représentants en mairie et s’imposaient ensuite littéralement aux habitants sans pouvoir être amendés. Le front associatif créé en réaction voulait rompre à tout prix avec cette logique du fait accompli en tentant de mettre en place, si possible, les bases d’un dialogue serein, apaisé et confiant. L’idée n’était pas mauvaise si l’on en juge par l’ampleur du mouvement initié dans bon nombre de quartiers de la ville par pléthore d’associations : rue des Saules, Cité Arc en Ciel, rue Fernand Herbaut/Impasse des marronniers, Avenue Coulemont, Balagny, secteur Mairie, rue Riquet-Doudeauville, Jules Princet, Amis d’Aulnay, Aulnay Environnement, Sud-Aulnay, Capade-Sud, auxquels Croix-Blanche se serait sans doute ajoutée si elle avait existé.

 

champderuines.jpgLe vrai tour de force à l’époque fût d’avoir réussi à rassembler des quartiers aux situations urbanistiques très variées autour d’une idée commune : construire une ville où il ferait bon vivre. Paradoxalement, avec le recul,  le 5 juin a constitué le début de la fin. En effet, un peu plus de deux ans plus tard, force est de constater que cette belle dynamique citoyenne s’est totalement évanouie.

 

Le plus remarquable dans cette histoire est que le maire Gérard Ségura n’a même pas eu besoin de vêtir son habit de Gérard Majax et d’agiter la moindre baguette magique pour obtenir ce résultat. Il n’a eu qu’à laisser la patine du temps faire son œuvre. Compter sur la lassitude d’un certain nombre d’habitants. Miser sur les querelles d’égo des uns, les petites ambitions personnelles des autres, les incompréhensions et les rancœurs, bref tous ces petits riens qui sournoisement sèment le vent de la division en brisant le vieil adage pourtant bien connu « l’union fait la force ».

 

Aujourd’hui, la noble cause du début (« construire ensemble la ville de demain »), portée par le front associatif a laissé la place à un véritable champ de ruines. A cette vue, Gérard Ségura, s’il en portait encore, se friserait les moustaches de plaisir…

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Urbanisme

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Thierry 04/10/2012 16:43

J’ai assisté à cette manif de juin et c’est vrai qu’elle a bousculé les élus par son ampleur. Mais depuis plus rien. Les collectifs ont disparu. Même Aulnay Environnement la seule association agrée
de la ville reste passive ou pire encore met des bâtons dans les roues de la QCBE pour la construction Croix-Blanche. C’est bien triste.