Aulnay-sous-Bois sur TF1 dans Sept à Huit.

Publié le 27 Octobre 2010

Un bien joli reportage consacré au centre d'éveil artistique d'Aulnay-sous-Bois... Touchant, plein de force et porteur d'espoir... mais qui n'évite malheureusement pas les gros clichés dont la pathétique chaîne TF1 nous gratifie le plus souvent... 

 

Jugez plutôt,  voilà à quoi nous avons droit en guise de commencement :  "De l'autre côté du boulevard périphérique dans une de ces banlieues où on entend plus souvent parler de voiture brûlée que de jeunesse dorée... "  

Rien que de l'autre côté du boulevard périphérique sonne très frontière invisible... Comme si la banlieue c'était déjà un autre monde... Un monde à part. Les rédacteurs de la "première" chaîne ont sans un peu trop regarder les films de John Carpenter comme New-York 1997 ou Los Angeles 2013 avant de tourner. Comme si Aulnay-sous-Bois c'était forcement le chaos ! Décidemment les stéréotypes ont la vie dure et quand on sait qu'en plus ils sont diffusés et alimentés par une chaîne, certes en perte d'audience, mais encore largement regardée en France c'est à désespérer...

Mais ne boudons pas notre plaisir et focalisons-nous plutôt sur les ondes positives du CREA...

Stéphane Fleury  

 

 

 

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #C'est dans le Journal

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Xavier 27/10/2010 12:26


Cher Stéphane,

Il se trouve que j'ai déjà regardé le reportage sur Mon Aulnay.com, car je n'avais pas eu le temps de le voir sur TF1. Ce qui m'a permis de leur poster un petit commentaire avec une tonalité
sensiblement identique à la tienne.

Cependant, je suis moins sévère que toi, en ce qui concerne l'accroche journalistique du début,et ce pour plusieurs raisons :

La première c'est que malheureusement dans un monde médiatique fait d'images spectaculaires et de raccourcis simplistes, cette image des "émeutes" et des voitures qui brûlent reste encore collée à
Aulnay. Il ne sert à rien de se voiler la face, c'est un fait, probablement en voie d'extinction, mais qui reste encore vivace dans la rétine et l'inconscient collectif du téléspectateur moyen qui
ignore à prés tout d'Aulnay.

La deuxième c'est que l'expression "au-delà du périphérique" conserve encore et malgré tout tout un sens du moins dans l'imaginaire collectif des habitants de la région parisienne. C'est ainsi que
l'on dit encore "Paris Intra muros" ou bien les "quartiers de banlieue". Cette ceinture d'acier, indispensable pour fluidifier la circulation automobile, qui entoure Paris reste donc encore une une
barrière symbolique, même s'il s'agit de la faire sauter.

Et de ce point de vue, je suis assez optimiste sur un double plan :

Sur un plan urbanistique d'abord.

Compte tenu des aménagements réalisés dans l'Ouest parisien et maintenant dans l'Est parisien du chaque côté du périphérique et des projets futurs d'aménagement, ce dernier est en passe (plus ou
moins) de se fondre dans un tissu urbain qui l'enserre de mieux en mieux.

Sur un plan symbolique ensuite, parce que je pense là que le Grand Paris va jouer le rôle d'un formidable accélérateur de l'histoire.Il y a loin de la coupe aux lèvres et cela prendra beaucoup de
temps, mais je sens là une dynamique incontestable.

La troisième enfin, c'est que le reportage était tellement bien fait et si chaleureux, que l'on oublie très facilement l'accroche du début et qu'au contraire, il reste l'image positive d'une "
banlieue" qui, au-delà des clichés a envie de s'en sortir et d'aller de l'avant. Beaucoup d'humanité, de joie simple, de facétie, de fraîcheur dans ce reportage. Bref tout ce que j'aime !

Je me plais alors à imaginer que l'on retrouve la même chose sur la scène politique. Le CREA devrait ouvrir une section pour les adultes avec une représentation théâtrale du style : "Les joies
simples de la lutte pour le pouvoir!" ou " L'agora participative!"

Bien cordialement.

Xavier.