Aulnay-sous-Bois, PSA : les chefs d'équipe contrôlent les cartes de séjour

Publié le 25 Mai 2012

« En trente ans de boîte, c’est la première fois que je vois ça », assure un salarié. Mercredi, pourtant, des chefs d’équipe de l’usine PSA Peugeot-Citroën (Aulnay-sous-Bois) ont été chargés d’aller contrôler les cartes de séjour des ouvriers étrangers travaillant sur la ligne de montage. Ils en avaient apparemment reçu la consigne par mail, sans autre explication. Les opérateurs de l’équipe du matin ont donc eu droit à cette étrange tournée… qui a repris auprès de leurs collègues de l’après-midi. Non sans susciter une certaine émotion, dans une usine où règne déjà la crainte d’une fermeture d’ici à 2014. « Un salarié sénégalais m’a appelé, un chef venait de lui demander sa pièce d’identité pour en faire une photocopie, raconte Mohamed Khenniche, délégué SUD. Je suis allé lui demander pourquoi il faisait cela. Il m’a juste dit qu’on le lui avait demandé. Il était un peu gêné, et face à nos protestations il a renoncé. »

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Dans la foulée, le syndicat SUD publiait un tract hier, déniant à l’entreprise le droit « d’effectuer les contrôles au faciès », et annonçant son intention de saisir la justice. Indigné, le délégué CGT Jean-Pierre Mercier dénonce de son côté « un vrai scandale, et une provocation de plus de la part d’une direction qui fait face à la mobilisation des salariés contre la fermeture de l’usine ». Les syndicalistes s’interrogent désormais sur la légalité de la démarche.

La direction affirme être dans son rôle : « L’employeur a l’obligation légale de vérifier que les gens ont des papiers en règle, sinon il risque lui-même des poursuites pénales. Nous procédons à ce type de vérification tous les deux ans », indique une porte-parole, selon laquelle un ouvrier sur quatre dans l’usine n’a pas la nationalité française. La loi oblige effectivement une entreprise à vérifier, au moment de l’embauche, que son salarié est en situation régulière. Celle-ci le fait généralement auprès de la préfecture. Mais peut-elle solliciter ainsi ses employés, déjà embauchés, lorsqu’ils sont en poste? « Pour tenir nos fichiers à jour, nous n’avons pas d’autre solution que de vérifier directement auprès des gens, afin de les assister dans leurs démarches de renouvellement s’ils sont en retard », ajoute cette porte-parole, qui reconnaît toutefois une « maladresse » dans l’exécution de la consigne.

Source information et photo : Gwenael Bourdon. Le Parisien du vendredi 25 mai 2012. 

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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Romuald Weymann 25/05/2012 08:46

La cohérence serait de vérifier l'authenticité des documents d'identité présentés lors de l'embauche, et non pas une fois que le contrat de travail a été signé entre l'employeur et le
candidat...
Cela dit, il n'est pas normal que des employeurs fassent travailler des clandestins, surtout s'ils ont connaissance de leur statut illégal.

Concernant les contrôles aux faciès dénoncés par SUD, à un moment, il convient de cesser de verser dans la niaiserie idéologique : en France, les clandestins ne sont pas typés suédois, mais
maghrébins, africains, asiatiques ou sud-américains.
J'ai moi-même un « faciès pas très catholique » comme disait feu l'autre, et cela ne me choquerait pas si d'aventure j'étais contrôlé par des policiers cherchant des tricheurs venus illégalement en
France - ou y étant restés au-delà de la durée légale de leur titre de séjour, cas fréquents.


Quant à la CGT, elle ferait bien de la mettre en veilleuse : à la fin du XIXème siècle, les syndicats ouvriers, CGT en tête, défendaient la préférence nationale, et, sans remonter jusque là, j'ai
encore en tête les photos des velus de la CGT, expulsant à coups de matraques et de lacrymos, des clandestins occupant la Bourse du Travail, à Paris, en juin 2009.
http://blogs.mediapart.fr/blog/marc-tori/250609/avec-matraques-et-lacrymogenes-la-cgt-expulse-les-sans-papiers-de-la-bou-0

La CGT ne défendait alors que les clandestins consentant d'adhérer à ce syndicat, au prétexte qu'il était plus simple ainsi de gérer les dossiers.


Après, évidemment, ce qui peut heurter et je le comprends, c'est le contexte social et économique dans lequel s'opèrent ces contrôles...