Aulnay-sous-Bois plombée par l’amiante

Publié le 27 Juin 2012

De nouveaux sondages effectués sur les terres de l’ ancienne usine d’amiante d’Aulnay ont révélé une pollution des sols plus importante que prévu. Elle ne pourra être entièrement éradiquée.

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C’est un désamiantage « hors normes », « le plus important de France »… Les superlatifs manquent pour qualifier le chantier du Comptoir des minéraux et matières premières (CMMP). Entamée il y a trois ans, en plein quartier pavillonnaire à Aulnay, la démolition de l’ancienne usine d’amiante semblait toucher à sa fin. Mais, nouveau coup de théâtre, la pollution des sols est encore plus importante que prévu.

Le contrôleur du travail, appelé à visiter régulièrement ce chantier sensible, a écrit aux entreprises. Il souligne « la présence massive de crocidolite(NDLR : aussi appelé amiante bleu, particulièrement toxique) en touffes plus ou moins importantes et réparties sur toute la surface du terrain ». La présence d’amiante dans les terres n’est pas une nouveauté. Mais c’est la quantité qui pose problème, d’autant que le minerai a ressurgi sur une portion de terrain déjà traité, côté rue de l’Industrie, un phénomène sans doute lié aux pluies de ces dernières semaines.

L’inspection du travail et l’assurance maladie préconisent le recours au « confinement lourd ». En d’autres termes, l’installation d’une bulle étanche pour excaver les terres contaminées en toute sécurité. Le procédé a déjà été utilisé pour démolir les bâtiments. Surtout, le contrôleur du travail établit un constat sans ambiguïté : « L’éradication de l’amiante dans les terres ne peut être totale », invitant la ville à prendre « des décisions pour l’avenir de ce site ».

On sait que les associations plaident pour qu’une dalle de béton soit coulée sur toute la surface du site, et non une partie comme le chantier le prévoyait jusqu’à présent. Ce nouvel aléa aura de lourdes conséquences. Premier casse-tête pour le maire PS Gérard Ségura : que faire des élèves censés revenir dans l’école du Bourg, voisine du chantier, en septembre prochain? Et comment payer une facture qui devrait encore s’alourdir de plusieurs millions d’euros? Le montant avoisine déjà les 12 M€ (avec le coût du déménagement de l’école depuis 2006).

« La ville n’a pas les moyens d’opérer une dépollution totale dans ces conditions drastiques. Il faudra que l’Etat nous aide, ce qu’il a toujours refusé de faire jusqu’à présent », soupire Gérard Ségura, qui a déjà écrit en ce sens aux nouvelles ministres de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, ainsi qu’au préfet.

Une autre question tourmente élus et associations : quel peut être l’impact d’une telle pollution? Le collectif des associations a déjà recensé une centaine de victimes et pointe à nouveau la responsabilité de l’ancien exploitant. « Il y a eu une dissimulation permanente de la part de l’entreprise, qui a d’abord affirmé qu’elle ne broyait plus d’amiante après-guerre, puis que l’activité était cantonnée à un bâtiment. Aujourd’hui, on constate que l’amiante est partout », estime Alain Bobbio, responsable de l’Addeva 93.

L’actuelle PDG du CMMP, Joëlle Briot, use toujours de la même défense : « Nous n’avons pas enfoui d’amiante délibérément, ce qu’un rapport d’expert a récemment confirmé. Et personne ne savait à l’époque que le minerai était dangereux. » L’entreprise, mise en cause dans plusieurs procédures, dont une au pénal, n’a encore jamais été condamnée de manière définitive.

 

Source : Le Parisien       

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Amiante

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