Aulnay-sous-Bois : Mehdi Bouadla de retour sur le lieu de sa jeunesse à la cité des 3000

Publié le 6 Novembre 2012

Le 15 décembre à Nuremberg (Allemagne), Mehdi Bouadla défiera Arthur Abraham, l’Allemand d’origine arménienne qui mettra en jeu sa ceinture WBO des super-moyens. Chaque mardi, les semaines précédant sa première chance mondiale, le boxeur du CSL Aulnay nous ouvre son quotidien. Ses souffrances à l’entraînement comme des moments de sa vie privée. Troisième round, aujourd’hui, en compagnie de sa famille.

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En traversant la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Mehdi Bouadla nous ramène sur le lieu de sa jeunesse, au pied d’immeubles achevés en 1972 sur ce qui étaient des terres agricoles. La voiture du boxeur s’arrête, il fixe son regard sur la gauche. « Notre appartement était là, au 2e étage. Et mon terrain de jeu était sous le balcon. » Ici, il jouait au foot, là commençait le chemin de son école. A quelques pas de là, on croise le Cosec de la Rose des vents, où Mehdi a découvert la boxe après avoir été initié au pied-poing par son aîné Karim (37 ans). « Nous sommes au nord d’Aulnay, la partie populaire de la commune, une ville dans la ville, explique-t-il. Au sud, c’est les petits pavillons. Quand j’étais gamin, mes parents ne me laissaient pas y aller car il fallait prendre le bus et traverser des routes. »

Un tempérament fait pour le noble art

Aujourd’hui, Mehdi Bouadla (30 ans) se rend régulièrement dans le vieux pays. Sa famille y réside depuis 2010, après trente ans de vie aux 3000. « Mehdi a fait un grand parcours par rapport à l’endroit où il a grandi, estime Dominique, sa maman. Il a toujours fait preuve d’un très grand sérieux. Et il a toujours eu un grand cœur. » « On est fier de lui, prolonge son père, Lahcen. Il n’y a pas plus belle satisfaction que de voir ses enfants dans le droit chemin. » Chauffeur de poids lourds, le chef de famille n’a eu de cesse de leur montrer la voie à suivre. « On n’avait pas le droit à l’erreur si les mômes nous échappaient, dit-il. Je connaissais l’emploi du temps de Mehdi et comme je suis un peu magicien, il me trouvait parfois où il ne m’attendait pas… »

 

Passionné de sport — il a pratiqué le football et le judo —, ce papa voyait pourtant son cadet « dans le monde du spectacle ». « Avant la boxe, il a fait l’école du cirque et participait à des spectacles équestres. Il était très bon. » Son oncle Nasser est, lui, plutôt content de son choix pour le noble art. « C’était un casse-cou, sourit-il. Il lui fallait un sport qui corresponde à son tempérament. Il a montré qu’il en voulait et je lui ai toujours dit qu’il serait champion du monde. Il obtient toujours ce qu’il veut. »

Mais dès que leur protégé monte sur le ring, l’appréhension gagne le foyer. « Ça fait mal au bide », reconnaît le papa. « On est stressé et inquiet », concède la maman, opératrice de saisie, qui n’a assisté qu’à deux combats de son fils. Les liens familiaux sont très forts. « J’ai eu la chance de vivre longtemps chez mes parents », lance Mehdi. Et aussi auprès de sa grand-mère maternelle, Yvonne, décédée en octobre 2011. « Elle habitait à l’étage du dessus et j’avais ma chambre chez elle. » « Et pour te voir, il fallait faire une demande d’extradition! » plaisante son père avec émotion.

En souvenir de Mamie Jardin et pour cette famille soudée, Mehdi Bouadla s’est juré la victoire.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Soyons sport.

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