Aulnay-sous-Bois dit adieu au carrefour de la Négresse

Publié le 16 Janvier 2014

aulnay-carrefour.jpgLes surnoms sont tenaces. Le conseil municipal d’Aulnay-sous-Bois devrait décider ce soir de débaptiser le carrefour de la Négresse. L’immense rond-point coincé sous l’autoroute A3, à la lisière des villes d’Aulnay et du Blanc-Mesnil, cauchemar des apprentis conducteurs, sera renommé carrefour des Droits de l’Homme. C’est l’aboutissement d’une longue réflexion menée par le comité de dénomination des rues. Et une satisfaction pour le maire adjoint PS Grégoire Mukendi, qui en avait fait la demande. « Il suffit de consulter un dictionnaire, d’aller sur Internet, pour trouver une connotation dégradante à ce mot, qui fait référence à l’esclavagisme et à la servitude ». Le plus surprenant dans cette affaire, ce n’est pas la survivance de ce surnom, hérité du passé… Mais le fait qu’il n’est devenu nom officiel du carrefour… qu’en 2004. A l’époque, le maire UMP Gérard Gaudron avait invoqué la nécessité de « régulariser » un usage répandu. Si répandu d’ailleurs, qu’il vaut aussi de l’autre côté du carrefour, situé en terres blanc-mesniloises. Pourtant, de ce côté-ci de la frontière, le carrefour porte le nom du résistant Pierre Sémard, depuis 1945.

Un café à l’origine de ce nom


« Mais dans le temps, tout le monde parlait du carrefour de la Négresse. J’ai connu le café qui s’appelait ainsi », se souvient Pierre Vandervoorde, 87 ans, un riverain arrivé en 1955. C’est bien un café qui est à l’origine de ce nom. La bâtisse existe toujours. C’est une maison de ville sans grand caractère, désormais occupée par un restaurant indien, en bordure du carrefour. En fouillant dans les archives municipales, on retrouve une photo noir et blanc des années 1910, où se dresse la maison Matrand, offrant vins et liqueurs à ses clients. Dans les années 1930, elle devient le « café de la Négresse ». Les témoins de l’époque affirment qu’on surnommait ainsi l’établissement parce qu’il abritait une serveuse… auvergnate, dotée d’un teint très mat. L’enseigne marque les esprits : rapidement le café donne son nom au carrefour, qu’on appelait auparavant carrefour des Cinq-routes, ainsi qu’au garage voisin. Aujourd’hui encore, il existe un « tennis de la Négresse », situé sous le pont autoroutier et qu’indiquent deux panneaux plantés au bord de la route. Mais il faudra sans doute du temps pour que les « Droits de l’homme » chassent l’ancienne appellation. « On l’appelle toujours comme ça, c’est machinal. C’est un repère. Quand on le nomme, tout le monde sait où il se trouve », note Nicolas, 37 ans. Et pourtant, si on y réfléchit, c’est vrai que ce n’est pas très joli comme nom… »

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #A vos quartiers !

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Romuald Weymann 16/01/2014 10:02

On ne peut quand même pas dire que « négresse » soit franchement valorisant.

Cela étant, le respect doit être réciproque et on ne devrait plus entendre de jeunes balancer des « Hé ! Babtou ! » ou « Hé ! Chintoque/bouffeur de riz/Pakpak » etc.




A propos de changement de nom, pourquoi ne pas effacer celui du communiste Jacques Duclos, « résistant » de la dernière heure, et mettre à la place un(e) vrai(e) résistant(e) français(e) (ou toute
autre personnalité française, en fait) ?

JEAN LOUIS KARKIDES 16/01/2014 08:47

Je ne suis pas sur que d'effacer des mots, témoins du passé trouble notre civilisation empêche l'homme futur de recommencer les mêmes erreurs.
Au contraire,l'oubli est la pire des choses.
Toutes les insultes racistes,xénophobes,antisémites,islamophobes,sexistes....on se doit de les garder au fond de nos mémoires pour mieux les combattre.