Aulnay-sous-Bois : des élèves de l’école Louis Aragon ont trouvé des flacons de méthadone (substitut à l’héroïne) et des couteaux

Publié le 22 Avril 2013

A l’école Aragon d’Aulnay-sous-Bois, les parents sont en colère et veulent bloquer cet après-midi l’établissement où des substituts à l’héroïne et des couteaux ont été trouvés.

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La colère gronde à l’école élémentaire Louis-Aragon d’Aulnay. Des parents d’élèves ont annoncé qu’ils bloqueraient cet après-midi les portes de l’établissement, situé dans le quartier du Gros-Saule. « On ne demande pas grand-chose, juste la sécurité pour nos enfants », martèle Rajae Boudlal, maman d’une fillette de 8 ans. Hier, avec d’autres parents, elle a pu constater qu’une fois de plus, trois grilles d’entrée du groupe scolaire étaient grandes ouvertes, permettant, en franchissant une enceinte supplémentaire, de se retrouver sans difficulté dans la cour de récréation de l’élémentaire. « C’est tout le temps comme ça », peste un papa.

La découverte récente d’une seringue usagée à l’école Emile-Zola à Sevran a ravivé les inquiétudes. Des Beaudottes au Gros-Saule, il n’y a qu’une dizaine de minutes à pied. Et ici aussi, dans les buissons de l’école, les enfants font de drôles de découvertes. Le 8 décembre, des élèves ont trouvé « des flacons de méthadone ». Des « grands » ont apporté trois petits flacons vides à la maîtresse. « Un élève en a trouvé un quatrième l’après-midi », assure Rhizlen Talsi, représentante de parents d’élèves. Le maire (PS) Gérard Ségura confirme l’incident, consigné par la police municipale et signalé par la directrice d’école au commissariat. Des parents indiquent que la police est passée à l’école récupérer les petites bouteilles.

Le maire demande à être reçu par Manuel Valls

S’agissait-il vraiment de flacons de méthadone ? Ni le maire ni la préfecture de Bobigny ne pouvaient hier l’assurer. D’autres trouvailles ont eu lieu depuis. « Des copines ont vu un couteau, et puis un ordinateur portable et un téléphone… » assuraient hier deux fillettes. La découverte d’un couteau est encore confirmée par Gérard Ségura : « C’était il y a quinze jours. » Les petits en auraient trouvé un autre vendredi, assure une maman.

« La situation s’est dégradée depuis que la gardienne de l’école est partie en avril 2012 », estime Rhizlen Talsi, qui demande, avec d’autres familles, son remplacement. Mais la mairie a décidé de ne plus nommer de gardiens habitant dans les écoles. « On supprime les postes petit à petit, au fil des départs en retraite. C’est une mesure d’économie », explique Gérard Ségura. D’autres mesures ont été proposées aux parents. « On envisage de rehausser les clôtures jusqu’à la hauteur maximale de 2,20 m, de changer toutes les serrures avec un nombre limité de clés », explique le maire. Car c’est une clé identique, en usage depuis près de vingt ans, qui permet d’ouvrir les grilles de toutes les écoles d’Aulnay. De multiples exemplaires sont en circulation.

Pointant une recrudescence du deal dans le quartier depuis que les CRS sont à Sevran, Gérard Ségura annonce qu’il a demandé à être reçu par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Il veut évoquer la construction attendue d’un nouveau commissariat dans le nord de la ville. Pas sûr que cela suffise à rassurer les parents qui l’attendent le maire de pied ferme. « Nous ne nous déplacerons pas. Nous voulons qu’il vienne à l’école ».

Source : Le Parisien

 

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Sécurité publique

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bessaguet 22/04/2013 16:55

Après les seringues de Sevran, les flacons de méthadone d'Aulnay ; si un troisième fait de cet acabit se reproduit, cela pourrait devenir troublant à l'aune de la campagne des municipales, sans
vouloir tomber dans la paranoïa : nous pourrions nous demander en effet à qui profite "le crime" mais mêler des enfants innocents et vulnérables à ces pratiques seraient monstrueux. J'espère de
tout coeur faire fausse route.

Patrick Poyer 22/04/2013 14:51

Malheureusement, une preuve de plus que l'insécurité dans notre commune n'est pas seulement "un sentiment".

Romuald Weymann 22/04/2013 10:37

Dans la Drôme aussi ce phénomène inquiétant existe, comme dans cette école primaire (zone semi-pavillonaire, avec quelques HLM de 4 étages maxi encadrés de verdure)...
http://www.ledauphine.com/drome/2013/04/19/bourg-les-valence-encore-5-seringues-decouvertes-dans-la-cour-de-l-ecole-moulin-d-albon-ce-matin


En mai 2009, Darcos (alors ministre UMP de l'Education nationale, sous Sarkozy) avait tenu un discours sécuritaire suite à une agression au couteau survenue dans un établissement scolaire.
Il avait proposé un train de mesures :
- création d'une « force mobile d'agents »
- possibilité pour le personne d'encadrement de fouiller les cartables
- mise en place de portiques de détection de métaux à l'entrée de certains établissements

La gauche avait hurlé à la dérive sécuritaire, à la stigmatisation, les syndicats comme la FCPE idem.

Mais voilà, en octobre dernier, Ayrault lui-même se montrait réceptif à l'idée d'installer des détecteurs de métaux à l'entrée de certains ensembles scolaires...


Sauf qu'il faudrait plus qu'une seule gardienne d'école pour empêcher les conséquences des trafics; c'est une réelle politique anti-drogue qui doit être menée au plus haut niveau de l'Etat.
Mais quand certains élus, voire ministres, proposent carrément de dépénaliser le cannabis, de créer des salles de shoot y compris de crack (cf Vaillant, ancien ministre de l'Intérieur et désormais
maire du XVIIIe...), le combat est perdu d'avance.

Bon courage aux parents d'élèves, en tout cas, ceux qui ne profitent pas de ces trafics.