Aulnay-sous-Bois au temps du Texas et des puits artésiens

Publié le 21 Mars 2013

Il y a une soixantaine d’années, s’étendaient au Nord-Est d’Aulnay, jusqu’à la ville de Gonesse, de grands champs plats et nus. La zone pavillonnaire d’Aulnay, née peu avant la guerre de 1914, s’arrêtait alors au bord d’un ruisseau, le Sausset, affluent d’une petite rivière, la Morée, tous deux actuellement canalisés en sous-sol. Le Sausset était alors un clair ruisseau où poussait du cresson, peuplé d’épinoches et de sangsues. Au-delà des rives, de vastes prairies, où paissaient des troupeaux de vaches, évoquaient les plaines du Far-West et les pampas d’Argentine. Brusquement, au bord de ce petit ruisseau surgissait une vision du Texas que le cinéma commençait alors à populariser : trois derricks métalliques s’érigeaient haut dans le ciel, parmi les baraquements de chantier. On n’y cherchait pas du pétrole, on forait des puits artésiens…

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Après la première guerre mondiale, l’accroissement de la population de la région parisienne et les nouvelles utilisations de l’eau pour l’hygiène et l’industrie ont beaucoup augmenté le besoin en eau potable. Il parut nécessaire de compléter les seules ressources en eau  de Seine, de Marne et d’Oise utilisées alors en tirant parti des nappes souterraines profondes de la région parisienne d’excellente qualité mais relativement peu abondantes. L’implantation de forages artésiens à Aulnay-sous-Bois s’est alors imposée au syndicat des communes de la Banlieue de Paris pour les Eaux (créé en 1922) par leur situation éloignée du centre principal de la production de Neuilly-sur-Marne et par les possibilités aquifères du sous-sol à cet endroit.

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C’est le 25 juin 1933 que fut entrepris le forage du puits artésien d’Aulnay-sous-Bois. Trois mois plus tard il était terminé. A moins de 831 mètres, la nappe d’eau était atteinte et jaillissait du sol à une température de 31°C ! C’est sous la direction d’ingénieurs et de conducteurs de travaux américains que les forages furent exécutés. Des Aulnaysiens qui s’occupèrent du ravitaillement et de la cantine du chantier à l’époque l’ont confirmé. L’eau de ce puits de 850 mètres de profondeur, provenant de la nappe de l’Albien, trop chaude (30°C environ à la sortie) et présentant un degré hydrotimétrique (proportion de sels calcaires) trop faible, d’autres puits durent être forés jusqu’à 100 mètres de profondeur environ, atteignant ainsi la nappe du Sparnacien dont l’eau est moins chaude et plus chargée en sels calcaires. Les eaux de ces deux nappes sont refoulées dans le réseau de distribution après mélange et déferrisation.

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Ces trois forages furent mis en service en 1935, après construction de l’usine de pompage rue Doudeauville. En 1958, sur ce même site, deux nouveaux forages complémentaires ont été mis en service. En 1993, le volume d’eau puisé annuellement par les forages d’Aulnay-sous-Bois était de l’ordre de 2 500 000 m3. A propos des puits artésiens à Aulnay-sous-Bois, la revue régionaliste « Notre Contrée » signale qu’il y a un siècle, un puits communal, foré à 52 mètres, fut mis en service au Vieux-Pays. Les habitants du village furent ainsi alimentés en eau, assez largement. Ils ne disposaient auparavant que de l’eau provenant de la Morée, du ruisseau le Sausset, de quelques sources et de puits creusés dans les jardins des particuliers. Un puits artésien fut creusé en 1895 au Parc, nouveau lotissement proche de la gare. L’eau analysée fut alors jugée impropre à la consommation.

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Source : E. Lemarié / C.A.H.R.A (Avec tous nos remerciements pour ces documents).

Rédigé par Stéphane Fleury

Publié dans #Aulnay d'hier et d'aujourd'hui...

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