Aulnay All Blues : Hommage à Howlin' Wolf

Publié le 18 Novembre 2010

Dans le blues, on aime les surnoms, et généralement on les choisit outranciers. Celui d'un animal menaçant ou débordant de désir charnel possède un pouvoir attractif évident, tant il affirme la virilité et célèbre le plaisir comme l'élan vital à l'état brut. Face à l'hostilité du monde blanc, se fabriquer une identité peut devenir une nécessité quand on est Noir, dans un réflexe d'autodéfense. Chester Burnett aurait pu être un sanglier fouineur, ou encore un chat de gouttière rôdeur et lubrique, il sera un loup hurlant à la lune la nuit tombée, d'une voix aux accents rocailleux fidèles au blues le plus primitif.

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Howlin' Wolf... Un patronyme collant comme un gant à un colosse de deux mètres, originaire de Tupelo, non loin du Delta du Mississippi. Rapidement Howlin' Wolf s'impose avec Muddy Waters comme un des principaux pionniers du blues électrique, certes encore à forte dominante rurale. Mais Howlin' Wolf aime déjà la saturation à pleine puissance et le chaos allant avec. Il hurle ses paroles constamment ponctuées par l'harmonica et se roule par terre, gagnant une réputation méritée de bête de scène.

Howlin' Wolf joue fort (pour l'époque), avec une faconde barbare faite de bruit et de fureur, le tout pétri par un lyrisme fiévreux. Ses incantations possédées sont portées par une guitare bringuebalante et martelée, dont les accords débarrassés de toute virtuosité évoquent quelque locomotive souffreteuse.

Repéré par le label Chess, Howlin' Wolf réalisera ses meilleurs enregistrements pour cette maison, notamment l'album Moanin' In The Monlight. Certains, dont Somestack Lightnin' figurant ici, seront repris par les Yardbirds, les Rolling Stones, les Doors ou Cream. De cette musique fauve, c'est toutefois Captain Beefheart qui - seul - saura retenir l'essentiel, jusqu'à cultiver une ressemblance troublante avant atomisation de la chose sur le culte Trout Mask Replica et retour au calme.

Ce soir à 21h dans le cadre du Festival Aulnay All Blues c'est un hommage au père fondateur du Chicago Blues qui vous est proposé. La bonne nouvelle est qu'il reste encore des places. Réservation ici : 01 48 66 49 90. Tarifs : 22euros/19euros/16euros - Moins de 25 ans : 10 euros.

Source : Great black music, un parcours en 110 albums essentiels par Philippe Robert.

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Fêtes et Cérémonies

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Stéphane Fleury 19/11/2010 17:00


Jeudi matin en appelant l'espace Jacques Prévert j'ai eu la surprise d'apprendre qu'il restait en effet 380 places disponibles sur une salle d'une contenance de 800... Votre commentaire semble donc
confirmer que ce concert n'a pas fait complet... Dommage.

Je n'ai assisté qu'au concert du New Resto rue Jules Princet qui était plein à craquer pour une fois ! Malgré la sono pas au top quelque chose du blues flottait dans l'air... C'était une véritable
réussite une sorte de preuve que l'on peut faire sortir à condition d'organiser un événement... Quand au coût j'imagine que ce n'est pas très compliqué de le trouver... Je doute que M. le Maire
réponde directement ici :)


christ 19/11/2010 16:40


Hier soir, la salle de l'espace Prévert était à moitié pleine ou à moitié vide, comme l'on veut, surprenant§!
Pourrait-on connaître dans le cadre de la démocratie locale,le coût total de l'opération Aulnay all blues, tout compris bien entendu(né d'ailleurs avant MARS 2008).
Merci M.le Maire.