Aubervilliers : 200 parents d’élèves et enseignants ont manifesté hier devant la mairie. La grogne contre la réforme Peillon inquiète les associations !

Publié le 17 Octobre 2013

reforme-peillon-aubervilliers.jpgLes sifflets, les huées et les slogans contre la réforme des rythmes scolaires résonnent sur la place de la mairie d’Aubervilliers. Hier midi, sous un léger crachin, environ 200 enseignants et parents d’élèves — deux fois moins qu’il y a quinze jours — avaient fait le déplacement pour demander la suppression de la réforme Peillon, qui a fait passer la semaine d’école de quatre à quatre jours et demi avec la mise en place d’activités périscolaires. « Les profs ont revoté une journée de grève le 13 novembre, explique Yann Maillard, du syndicat enseignant SNUipp. Nous invitons les villes qui doivent passer à la réforme en 2014 à rejoindre notre mouvement et à venir manifester ce jour-là devant le ministère de l’Education nationale. »

Alors qu’Aubervilliers est en passe de devenir le bastion de la contestation nationale, les associations recrutées dans le cadre de la réforme commencent à grincer des dents. La ville, qui a mobilisé pour moitié des éducateurs et animateurs municipaux pour mettre en place les activités périscolaires, a également fait appel à de nombreuses associations. Elles doivent être reçues demain soir en mairie pour un point d’étape. « On entend que nous ne sommes pas compétents et que les enfants sont en danger avec nous, s’indigne Guilain, le responsable de l’association d’activités artistiques et culturelles Frères Poussières. Cela me met en colère. D’autant que nous offrons vraiment des animations de qualité aux enfants et que cela se passe très bien. »

Sur la place de la mairie, un groupe de parents ricanent. Pour eux, leurs enfants ne font que du « coloriage ou des jeux de ballons ». « On voit bien que dans une même école, certains élèves font une vraie activité et d’autres pas, nuance toutefois Adeline Lerigoleur de la FCPE. Il faudrait plus de moyens et d’espace pour réaliser de vrais ateliers. »

Les enseignants rechignent à prêter leurs classes 

La mairie assure que les moyens donnés aux animateurs seront renforcés, mais il reste toujours le manque de locaux. Le nerf de la guerre de la réforme. Les associations parviennent parfois tant bien que mal à faire leurs activités dans les cantines, les préaux ou les salles de musique, les animateurs de la ville, eux, sont bien souvent relégués à l’extérieur, faute de classe disponible. Depuis la rentrée, certains ont jeté l’éponge, démotivés par les problèmes d’organisation, le manque de moyens, la mauvaise entente avec les enseignants, les heures d’activités organisées in extremis dans les couloirs… « Ils ont de vrais projets mais ne peuvent pas les mettre en place », reconnaît une maman.

Mais pas question pour les enseignants de laisser leurs salles de classes, des « lieux de travail qui ne doivent pas être transformés en lieux d’activités périscolaires ». Sans compter que les professeurs y organisent des 
cours en petits groupes pour rebooster le niveau de certains élèves fragiles. « Nous, on a peur d’être mis à la porte, lâche enfin un responsable d’association. Ce serait financièrement difficile. » Et la demande de maintien des emplois, exigée par les syndicats d’enseignants, ne le rassure pas. Un nouveau bras de fer en perspective? « C’est inévitable, murmure une directrice d’école. On verra ce que fera la mairie lorsque professeurs et animateurs se feront face pour entrer dans une classe. »

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #Education

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