2011 : Seine-Saint-Denis : L’Odyssée des Cantonales (22) : Vous avez dit toxique ?....

Publié le 15 Mars 2011

Pour ceux qui en connaissent un peu les arcanes, la lecture de la presse, est toujours un sujet fort réjouissant !

 

Prenez, par exemple, la lecture du Nouvel Observateur n°2418 du 10 mars 2011.

 

A la page 76, vous trouverez un article à la rubrique « Economie » intitulé « Subprime » à la française. Il y est question de la Seine-Saint-Denis. C’est plutôt d’ailleurs à la rubrique « finances » ou « dépenses » que cet article aurait dû figurer !

 

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Et, si vous lisez attentivement l’article, vous voyez bien derrière tout cela, l’activité débordante du directeur de cabinet, ou du directeur de cabinet adjoint, ou encore d’un chargé de mission ou bien tout simplement de l’attaché de presse du Président actuel du Conseil général, C.Bartolone. Car tout se passe comme si la gauche n’avait jamais dirigé le département !

 

Comme si la majorité de gauche du Conseil Général de la Seine-Saint-Denis, aidée par  des dizaines de Directeurs, au milieu de 9 000 employés, n’était pas capable de lire un contrat et d’apprécier les risques d’un engagement financier. On est en droit de se demander ce que faisaient les conseillers généraux de la majorité de gauche et parmi eux le conseiller général sortant du canton nord d’Aulnay-sous-Bois, élu depuis 1998, quand ces contrats sont venus en examen devant le Conseil ?...

 

Car, le département de la Seine-Saint-Denis, ce n’est pas une petite commune de 3 000 habitants qui aurait pu se faire « fourguer » des crédits toxiques, pour reprendre l’expression utilisée dans l’article !

 

Non, c’est une grosse machine, avec en principe, des Directeurs de cabinet, un Directeur général, des Directeurs généraux adjoints, un Directeur financier, des auditeurs internes, que sais-je encore ? Et puis bien sûr des gens qui ont reçu l’onction du suffrage universel pour nous représenter et surveiller tout ça de près !...

 

Et alors, là, on se perd en conjecture !...

 

Pour la défense de son camp, C.Bartolone nous dit : « Nos agents (…) n’avaient pas la technicité suffisante pour comprendre les formules algébriques complexes qui se cachaient derrière des taux soi-disant révolutionnaires ». Alors, là, on se pince carrément !...Les responsables seraient des agents insuffisamment formés ! Plus de directeurs ou d’élus responsables ? Incapables de saisir des formules mathématiques que pourrait comprendre un enfant de 3° du collège du 3° millénaire ?  Incapables surtout de saisir le sens profond de ce qui leur était proposé !

 

A savoir qu’il s’agissait de produits hautement risqués. Ni plus, ni moins. Chose que toute personne sensée et réfléchie pouvait comprendre aisément.  Et que ces produits c’est un peu comme des explosifs. Mieux vaut savoir s’en servir et  être raisonnables et avisés si on veut en maîtriser les risques !

 

Que penser en effet de taux d’intérêts plus ou moins indexés par exemple sur l’évolution de la parité euro/dollar, euro / franc suisse ou euro/yen ! On en passe et des meilleures ! Les élus de gauche qui ont voté ce type de dispositif se sont donc comportés comme des spéculateurs ! Qui, plus est, à priori sans grande conscience, ce qui est pire !

 

Or si de tels instruments, bien sûr, ne sont pas interdits, encore faut-il les utiliser de façon parcimonieuse et équilibrée afin de maîtriser au mieux les risques d’exposition. Je ne rentrerai donc pas ici plus avant dans la technique financière dite de « couverture à terme ». D’autant que l’on peut tout de même s’interroger sur le point de savoir s’il entre dans la vocation d’une collectivité territoriale de s’exposer à ce type d’opérations.

 

Quand on songe à la façon dont la gauche fustige elle-même généralement ces fameux spéculateurs, il y a de quoi sourire…ou plutôt pleurer !

 

C’est ainsi qu’aujourd’hui « sur 952 millions € de dettes, 714 millions (soit 75%)  correspondent à des emprunts toxiques » nous dit C.Bartolone

 

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Comment donc pourriez-nous avoir confiance en des gens qui ont été de si piètres gestionnaires et mené ce département à la faillite ?

 

Et, si nous regardions, maintenant, ce qui s’est passé à Aulnay ?

 

Bizarrement, il semblerait que ces emprunts dits « structurés » aient été contractés dans des proportions beaucoup plus raisonnables et donc avec une exposition nettement moindre ! Serait-ce dû au fait que cette Ville ait été, durant de nombreuses années, gérée par des gestionnaires plus prudents et avisés ?

 

Il paraît qu’ils étaient de « droite » ! Et alors, la belle affaire !

 

On peut assurément reprocher des choses à la droite. Mais pas d’avoir créé le Cap, relancé l’espace J.Prévert, créé une pépinière d’entreprises dans le cadre des zones franches urbaines, lancé le programme de rénovation urbaine des quartiers nord, décidé la création de la Maison de l’environnement. Tout cela en gérant apparemment les finances de la Ville avec tact et mesure. Sans oublier le lancement récent du chantier du Grand Paris, porté par l’Etat, avec les importantes retombées pour Aulnay que nous connaissons.

 

Peut-être tout cela est-il encore insuffisant au regard des défis auxquels nous serons confrontés à l’avenir. Mais il n’est pas possible de dire que rien n’a été fait. C’est même le contraire ! Ni de dire, non plus, que tout est faisable, tout de suite, sans trop se soucier des équilibres financiers de la Ville et de son endettement.

 

 

 

 

 

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #L'Odyssée des cantonales

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