Portrait de 21 habitants de la cité de l’Europe et du quartier de la Rose des Vents à Aulnay-sous-Bois

Publié le 13 Novembre 2018

Laure Vasconi, photographe, et Caroline Boidé, écrivain, ont passé un an à la cité de l’Europe et dans le quartier de la Rose des Vents. Elles dressent le portrait de 21 habitants.

Derrière les murs gris de la cité de l’Europe et de la Rose-des-Vents, des visages et des histoires. Pendant une année entière, Laure Vasconi, photographe, et Caroline Boidé, écrivain, sont allées à la rencontre des habitants des quartiers nord d’Aulnay-sous-Bois.

Il en ressort l’exposition-journal « Cité(s) dans le texte »*. Entre albums photo personnels, clichés réalisés par l’artiste et longues prises de parole des habitants eux-mêmes, on plonge dans l’histoire de ces zones urbaines souvent décriées.

Au fil de 21 portraits, archives à l’appui, on découvre comment l’arrivée des premiers locataires de ces grands ensembles, à la fin des années 1960, a été rythmée par la construction de l’usine Citroën toute proche. C’est elle qui donne le tempo, surtout aux 3 000 (l’autre nom donné à la Rose-des-vents, NDLR). « Mon père a travaillé chez Citroën […] jusqu’en 2004. Mes jobs d’été en juillet 2003 et 2004 étaient chez Citroën. Le patron remplaçait le personnel en vacances par leurs enfants, des adolescents », raconte ainsi Abdel, désormais trentenaire, aux deux artistes.

Portrait de 21 habitants de la cité de l’Europe et du quartier de la Rose des Vents à Aulnay-sous-Bois

Monument central de l’expo : le Galion, bâtiment emblématique de la Rose-des-Vents, en passe d’être démoli. Un « âge d’or » dans les années 1970, avant le déclin. « Les caves du Galion étaient ouvertes. Des soirées étaient organisées autour de petits téléviseurs. Je n’avais pas peur d’être agressée […] raconte ainsi Tibile, sexagénaire nostalgique. Pour Fatiha, à cette époque, le nord d’Aulnay a même « des airs de province ».

Après, la maman estime que la situation s’est dégradée parce que les pouvoirs publics ont laissé l’endroit se transformer en « ghetto ethnique ». Dès 1985-1986, « le Galion a été le cauchemar de mes enfants », dit même France, 80 ans, se rappelant « les seringues qui traînaient », « les bagarres »…

Ainsi, l’expo n’élude pas les problèmes. La drogue, encore plus présente aujourd’hui. Et l’inaction des autorités. « La drogue se généralise et, malheureusement, le sujet se banalise. On a signalé aux politiques l’emplacement des trafics dans les quartiers. Je leur avais même fait un dessin », s’alarme Monique, pour qui c’était pourtant « un rêve », en 1972 de venir s’installer dans un grand ensemble.

 

*Espace Gainville, 22, rue de Sevran. Jusqu’au 9 décembre, du mardi au dimanche, de 13 heures à 18h30. Entrée gratuite.

Article complet du journal Le Parisien à lire en cliquant : ici

Source information : Thomas Poupeau du journal Le Parisien / Vidéo d’illustration : YouTube / Photo d'illustration : https://patrimoine.seinesaintdenis.fr

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #C'est dans le Journal

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