150 réfugiés viennent d’arriver en Seine-Saint-Denis

Publié le 27 Octobre 2015

150 réfugiés viennent d’arriver en Seine-Saint-Denis

Il s'appelle Asil. Un prénom prédestiné pour ce jeune Afghan de 23 ans : il rêve d'obtenir ce statut de demandeur d'asile qui lui permettrait de rester quelque temps en France et d'espérer s'y insérer. En attendant l'aboutissement de cette démarche, Asil est hébergé depuis quatre jours dans d'anciens bureaux de la rue Alphonse-Leydier, à Romainville.

Il s'agit d'un des trois sites réquisitionnés par l'Etat dans le département (avec Noisy-le-Sec et Le Raincy) afin de participer au plan national d'accueil des réfugiés, lancé en pleine crise migratoire.
« Environ 150 réfugiés sont hébergés dans le département depuis vendredi », précise Didier Leschi, préfet délégué à l'égalité des chances en Seine-Saint-Denis. Le département avait promis de prendre sa part, dans la mesure de ses moyens, à l'accueil des migrants. Les premiers sont donc arrivés entre vendredi et hier. 54 réfugiés sont logés à Romainville, 9 à Noisy-le-Sec (il n'y en a pas encore au Raincy) et les autres dans trois villes qui disposaient déjà de centres d'accueil : une trentaine au centre d'hébergement d'urgence CASP de Pantin, une quinzaine au foyer Adoma Toussaint-Louverture à Saint-Denis. Les autres ont rejoint le centre Adoma de Neuilly-sur-Marne, dans les anciens locaux de l'Association pour la formation professionnelle, qui accueille déjà des Erythréens et des Soudanais depuis juin.

Ces premiers migrants du 93 viennent en fait du lycée désaffecté Jean-Quarré (Paris XIXe), qui a été évacué la semaine dernière. « La plupart sont Afghans. Il y a aussi quelques Erythréens, Libyens et Syriens, indique Didier Leschi. Ils ne resteront là que le temps de statuer sur leur demande d'asile. Elle sera traitée dans les deux mois maximum. Ensuite, ils ont vocation à aller dans d'autres lieux en province. Il n'y aura pas d'orientation de façon permanente dans les logements sociaux du département. Nous ne pouvons être qu'un lieu de transit, de premier accueil. » Pour lui, « beaucoup ne veulent pas rester en France et viennent juste y faire leur demande d'asile ».

Ce n'est pas le cas d'Ahmadzai, 24 ans, qui a fui les combats de la province de Nangarhâr, en Afghanistan, où les talibans s'opposent à l'Etat islamique, jetant des milliers d'hommes dans les rues. « Je veux rester en France. Ici, c'est bon, il n'y a pas de bagarre », bredouille-t-il dans un français approximatif, appris dans la rue depuis son arrivée en France, il y a un an. « J'ai dormi huit mois à la gare de l'Est, explique-t-il. C'était difficile. » Il a ensuite rejoint le lycée Quarré, ouvert cet été, et dont la population a gonflé pour atteindre environ 1 300 migrants, jusqu'à son évacuation le 23 octobre. Désormais, il attend d'obtenir l'asile, qui lui donnera le droit de travailler ou de bénéficier de certains minima sociaux comme le RSA. Dans le centre d'hébergement d'urgence de Romainville, géré par l'association Aurore, il dort dans une des chambres de sept couchages, peut prendre quelques repas et subsiste avec environ 320 € par mois de l'allocation temporaire d'asile. « C'est mieux ici. Je n'ai plus de famille en Afghanistan. Et si j'y retourne, ce sera fini pour moi... », grimace-t-il, en se passant le pouce sous la gorge.

Source : Le Parisien

Rédigé par Aulnaylibre !

Publié dans #93 Infos

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